Centre Dhagpo

Le lycée Bellevue a effectué le jeudi 02 avril 2015 une sortie au centre bouddhiste de Dhagpo (centre bouddhiste tibétain) pour les classes de TL2, STMG et quelques heureux élus de la TES1. Ce voyage était organisé par M. Goncalves, secondé par Mme Guerry, M. Larue et M. Schwartz.

Nous sommes partis vers 07h15, comme prévu, pour une arrivée vers 11h au centre, avec une pause à Périgueux pour s’aérer et satisfaire à quelques besoins et désirs divers (se restaurer, en particulier pour les internes, prendre un café, se détendre, aller aux toilettes). Moment convivial.

Nous sommes parvenus à Landrevie, lieu-dit où se trouve le centre, au-dessus du village de Le Moustier, à l’heure prévue. Nous avons rencontré la responsable chargée de notre accueil. Elle nous a souhaité la bienvenue, donné le programme de la journée et a rappelé les règles d’usage du lieu, le coin fumeur.

Comme convenu, nous disposions de la grande salle de méditation de 11h30 à 12h30. C’est un espace récemment construit, en service depuis fin mai 2013. M. Larue et moi-même avons organisé deux groupes, mélangeant les deux classes (TL2 et STMG, plus nos 5 élèves de TES1). Il s’agissait de proposer aux élèves deux types d’exercices : relaxation au sol, avec fond musical (M. Larue) et méditation en marchant kin-hin (M. Goncalves). Nos deux autres collègues se sont répartis chacun dans un de ces groupes. Au bout d’une demi-heure, chacun des deux enseignants a échangé et a pris en charge l’autre groupe.

Précision : le kin-hin, exercice de zen (ou zazen), d’origine japonaise, est une posture debout où l’on redresse tout le corps, on regarde à deux trois mètres devant soi, avec les yeux à demi-clos ; la tête doit être bien droite, avec le menton un peu rentré ; les mains sont positionnées en dessous du plexus solaire, la paume gauche enserrant la main droite, les pouces se touchant à peine et les bras parallèles au sol, les pouces vers l'intérieur, les paumes vers le sol ; il s’agit ensuite de marcher lentement, en partant du pied droit, au moment de l’expiration ; la jambe en arrière doit avoir le talon levé. On fait de petits pas, en se concentrant sur la respiration.

A 12h30, ce fut la pause-déjeuner, dans le réfectoire, pour une moitié (élèves et enseignants) et sous l’auvent du réfectoire pour l’autre moitié des élèves. Nous y avons même rencontré une ancienne élève de Bellevue qui est sympathisante bouddhiste et qui travaille dans la région. Nous avons partagé le réfectoire avec un petit groupe de personnes venues s’initier à la méditation : moment de dialogue. Vers 13h, ce fut quartier libre dans le centre et aux alentours.

13h50 : regroupement des élèves pour reformer deux groupes, chacun pris en charge par deux intervenants du centre. Ce sont soit des bénévoles, soit des responsables, qui nous reçoivent gracieusement sur leur temps libre.

Chaque groupe a investi un lieu différent : en première heure, la petite salle de méditation ; en seconde heure la grande salle de méditation, où nous avions déjà organisé nos exercices d’initiation à la méditation et à la relaxation le matin.

Ce fut le moment de rencontre proprement dit : découverte des valeurs de la sagesse bouddhiste, découverte des exercices de méditation, dialogue sur le bouddhisme, sur l’histoire du bouddha. Nos intervenants ont bien insisté sur l’aspect non religieux du bouddha. Ce sont les croyances populaires qui ont réinvesti un aspect religieux autour du bouddha.  

Notre intervenant a expliqué les bienfaits de la méditation pour prendre du recul, « respirer », vivre autrement toutes nos activités quotidiennes (souci d’argent, relations amoureuses, colère, etc.). Cette pratique de la méditation n’est pas une prière. Il ne s’agit nullement d’implorer le secours d’une divinité, mais bien de revenir à soi, de prendre conscience de nos troubles, nos soucis, pour les vivre autrement. Le bouddhisme propose une quête du bonheur (bonne vie, harmonie, apaisement de soi), un décrochage, une distance à l’égard de nos désirs, soucis, etc. Il nous a été dit que la pratique de la méditation se développe, voire est proposée à certains prisonniers (aux USA, en Inde). Des moments de méditation nous furent proposés (de plusieurs minutes), avec ensuite une discussion autour du ressenti, des questions liées à cette expérience de retour à soi, de « silence ».

Ce temps de rencontre fut dynamique, chaque groupe changeant de salle de méditation à 15h, et profitant au passage d’une visite commentée des lieux. Nous avons ainsi visité la nouvelle bibliothèque dans laquelle sont conservées les écrits sanscrits de la sagesse deux fois millénaires (-500 ans J.C.). Ce travail international, aidé par des bénévoles, s’explique par la position politique du Tibet, annexé. Sauvetage d’une culture, de valeurs.

Le trajet est un peu long, malgré seulement 220 km, mais il n’y a aucune autoroute pour aller là-bas. Nous sommes rentrés à Saintes vers 19h15.

Cette journée fut un moment détendu, convivial, les élèves ayant plaisir à vivre autre chose, à découvrir une autre culture, d’autres valeurs et à profiter du cadre champêtre de la Dordogne. Les exercices de méditation furent un moment de détente, d’expérience de soi : s’appréhender autrement, se ressentir différemment. Dans le groupe dans lequel j’étais, il y a eu quelques fous rires au moment de la méditation. Le moine (Lama Dorjé Puntso) nous a dit que ce n’était pas grave, que c’était justement un effet du relâchement dans le laisser-aller de la méditation qui se manifestait ainsi, même si cela pouvait gêner un peu les autres participants qui tentaient de « faire silence » en eux-mêmes.

Je pensais arrêter cette sortie, mais les élèves des deux classes, avec lesquelles j’ai fait un point le lendemain, m’ont dit que j’avais tort, que c’est une sortie dépaysante, originale. Donc, nous repartirons si la Région nous suit pour une quatrième année.

 

José Goncalves

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